La fin du conflit au Journal de Montréal, il y a aussi des mécontents

Le conflit de travail au Journal de Montréal a pris fin hier, à la suite d’un vote des employés à 64,1%  en faveur des nouvelles propositions du médiateur.  Plusieurs employés ont démontré leur insatisfaction à l’annonce du résultat du vote, parce que les journalistes ont connu les résultats avant les principaux concernés, et que de plus,  certains journalistes considèrent que le syndicat s’est tout simplement écrasé devant Québécor pour une question d’argent.

La CSN se défend de s’être écrasé devant Québécor, sa présidente Claudette Carbonneau dit que la CSN a investi  plus de 7 millions$ depuis le début du conflit. La CSN prétend aussi que c’est à cause que la loi antiscab n’est plus adéquate et qu’il faudrait la renforcer tout en refusant d’ouvrir le code du travail en entier ce qui pourrait donner plus de  »souplesse » pour l’employeur.

La CSN s’en prend également aux montréalais qui n’ont pas suivi l’appel tardif du syndicat à boycotter le Journal de Montréal. Pourtant on sait depuis longtemps que les appels au boycott ne donnent que très peu de résultat concret.

Donc, seulement 62 postes sur les 240 postes conserveront leur emploi. Ceux qui quitteront le Journal de Montréal feront quoi? Est-ce qu’ils retourneront travailler pour Rue Frontenac? Pierre Karl Péladeau ne semble plus avoir d’objection à ce que Rue Frontenac continue à vivre.

Il reste à voir si le journal des lockoutés aura toujours du financement pour le faire fonctionner. On peut facilement s’imaginer, que le journal a reçu des sommes d’argent du fonds de grève ou encore du fond de lutte de la CSN, mais le conflit étant terminé il n’aura vraisemblablement plus droit à ces argents.

Le Fondactions de la CSN qui est l’équivalent du Fonds de solidarité de la FTQ acceptera-t-il d’investir dans le journal pour préserver des emplois mais en donnant vraisemblablement  des salaires  et des conditions de travail moindres?  Le monde de l’information vit encore une crise en Amérique du Nord et plusieurs journaux on fermé. Il y a à peine quelques semaines, les journalistes du journal  »Le Soleil » s’était vu imposé leurs nouvelles conditions de travail sinon on fermait le journal.

Je suis tenté de souhaiter bonne chance aux employés qui vont rester au Journal de Montréal, après deux ans de conflit, les cicatrices seront encore vives, et  on peut facilement s’imaginer que les relations de travail seront loin d’être agréables dans la bâtisse, pour un certain temps.

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