L’école le samedi pour les étudiants québécois

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer quelle mouche a bien pu piquer notre ministre de l’éducation Michelle Courchesne? Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il envisageait la possibilité de donner de l’enseignement pendant un certain nombre d’heure par semaine,  au lieu de conserver la notion du nombre de jour d’enseignement donné, et qu’on pourrait même abandonner les journées pédagogiques, et forcer les enfants à aller à l’école les samedis.

Cette nouvelle philosophie est vraiment ridicule, considérant que depuis maintenant plusieurs années, les gouvernements successifs et mêmes les syndicats ont travaillé pour favoriser la conciliation travail-famille,  la décision gouvernementale risque donc de rendre les choses encore plus difficiles pour les familles, alors que des études ont déjà démontré que l’absence de conciliation travail famille,« pourrait créer des problèmes au plan de la santé physique et mentale des individus et de leurs déterminants ainsi qu’au plan économique»:

  1. Selon l’Enquête sociale générale (ESG) de 1998, les parents et les mères monoparentales âgés de 25 à 44 ans, signalent le plus haut taux de stress relié au manque de temps.
  2. Il existe une corrélation élevée entre les situations de conflit travail-famille et la dépression (soulevée dans la méta-analyse de Allen et coll., 2000).
  3. Il existe un lien entre les situations de conflit travail-famille et les troubles d’anxiété et d’humeur chez les femmes en particulier (Frone, 2000).
  4. Il existe un lien entre les situations de conflit travail-famille et les coûts requis pour les consultations médicales des travailleurs (Duxburry et Higgins, 1999).
  5. Il existe un lien entre le conflit travail-famille et l’incidence de maladies physiques comme l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, les troubles gastro-intestinaux, les allergies et les migraines (Duxbury, Higgens Mills, 1991; Frone, Russe/Barnes, 996; Thomas et Ganster, 1995).
  6. Les difficultés de la conciliation travail-famille ont des répercussions négatives sur les habitudes alimentaires et la pratique de l’activité physique (C. Dubé et coll., 2002, Hitayesu, 2003).
  7. Le conflit travail-famille est associé à une augmentation de la dépendance à l’alcool et de la consommation de drogues chez les hommes en particulier (Frone, 2000).
  8. Les parents qui se sentent débordés par leurs multiples tâches auraient une attitude moins chaleureuse avec leurs adolescents et seraient plus enclins à développer des interactions conflictuelles avec ces derniers (Galambos, Sears, Akmeida et Klokeric, 1995).
  9. Le conflit travail-famille a été relié à l’insatisfaction face à la vie familiale et conjugale (St-Onge et coll., 2002).
  10. Les horaires de travail atypiques et le conflit travail-famille ont été associés au manque de temps pour partager les repas en famille. Pourtant, ces moments sont considérés comme des moments privilégiés de socialisation qui ont des répercussions émotionnelles positives sur les relations parent-enfant (US Council of Economic Advisors (2002).

Au plan du travail et au plan économique

  1. Selon l’étude de Duxbury et Higgins les personnes qui vivent un conflit travail-famille sont 27 % à se dire satisfaites de leur travail alors que les employés qui ne sont pas dans une telle situation le sont à 80 %.
  2. La méta-analyse de Allen et coll., (2000) démontre que les employés qui vivent des problèmes de conciliation travail-famille songent davantage à changer d’emploi et sont plus susceptibles de vivre de l’épuisement professionnel.
  3. La conciliation travail-famille est aussi reliée à un rendement professionnel inférieur, à une augmentation de l’absentéisme, à un roulement élevé du personnel et à une perte de motivation (Duxbury et Higgins, 1998).
  4. L’insatisfaction professionnelle des employés entraîne des coûts supplémentaires pour les employeurs et pour le système de santé, car elle est associée à un absentéisme accru, à un roulement du personnel et aux problèmes de santé des travailleurs. Les employés satisfaits de leur emploi vivent plus longtemps et sont moins susceptibles d’être malades (Robbins, 1993 dans Duxbury et Higgins, 1999).
  5. Des chercheurs ont estimé que les jours d’absence au travail des employés qui vivent des difficultés de conciliation entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle ont représenté des coûts de 2,7 milliards de dollars pour les entreprises canadiennes en 1997. (Cooper et coll., 1996; Levi et Lunde-Jensen, 1996 dans Duxbury et Higgins, 1999).
  6. Cette dernière étude permet d’estimer à plus de 100 millions de dollars par année les coûts en soins de santé associés à la difficulté de concilier travail et famille au Québec.

http://www.inspq.qc.ca/publications/notice.asp?E=p&NumPublication=375

Quelle note doit-0n donner au ministère de l’éducation? un D-, ah c’est vrai j’oubliais que l’on était revenu aux bulletins chiffrés.

#ecole-elementaire, #ecole-samedi