Quand des employeurs décident de jouer au «bon père de famille»

J’apprenais hier à l’émission de TVA en direct animée par François Paradis, qu’uen première compagnie au Québec avait décidé de prendre la température de ses employés à l’arrivée au travail, et si ils faisaient 38 degrés C, ils étaient retournés à la maison, afin de prévenir des pandémies de grippe à l’intérieur de l’usine.

Certains seront enclin de prétendre que la compagnie en question viole la Charte des droits et libertés de la personne et ils ont peut-être raison jusqu’à un certain point, mais pour s’en assurer,  il faudrait voir avec un spécialiste en la question.

Mais contrairement à ce que certains pourraient croire, il n’y a pas seulement la Charte des droits et libertés de la personne qui entre en ligne de compte, il y a aussi d’autres lois qui traitent de certains sujets qui peuvent être «complémentaire» à la Charte, on peut penser alors au  Code civil du Québec, notamment à l’article  2087 qui stipule que l’employeur  «doit prendre les mesures appropriées à la nature du travail, en vue de protéger la santé, la sécurité et la dignité du salarié».

Alors, si on prend le cas d’un employeur qui a peut être quelques centaines d’employés, il va sûrement vouloir jouer «au bon père de famille» et pour protéger l’ensemble de sa famille, et assurer la bonne marche de son entreprise, il va entreprendre des mesures qui vont être impopulaires, et retourner les employés à la maison peut être une de ces mesures.

Il reste cependant à voir, si les employés qui seront retournés à la maison seront dédommagés, puisqu’en fait ils se sont présentés au travail et selon les Normes du travail, l’employeur ne peut faire déplacer une personne pour moins de trois heures, tandis que d’autres dispositions peuvent être prévues en fonctions de diverses conventions collectives.

Certains pensent peut être que l’employeur a créé un précédent en retournant à la maison un employé qui fait de la température, mais j’ai déjà été témoin de certains cas où l’employeur a dû retourner à la maison des employés à la maison, parce qu’ils entraient en état d’ébriété, et il le faisait pour des raisons de sécurité non seulement pour la personne en question, mais également pour assurer la protection des autres employés qui avaient à travaillé avec elle, après tout si il y avait eu un accident de travail comment la CSST aurait-elle réagi?

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