Ah non, pas encore un maraudage…

Comme il fallait s’y attendre, notre convention collective venant à échéance en octobre, nous sommes actuellement en pleine période de maraudage à l’hôtel où je travaille.

Il n’y a rien de nouveau là-dedans, ça fait plus de vingt ans, que la CSN rêve de s‘installer chez-nous, pour remplacer le syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile, qui est entré  à l’hôtel suite à sa fusion avec le syndicat de la Fraternité canadienne des cheminots, qui éprouvait alors des difficultés financières, il y a maintenant près d‘une quinzaine d‘années.

Mais cette fois-ci, ce qu’il y a d’inédit, c’est que trois des quatre membres du comité de négociations, dont le président, ont décidé, de virer leur capot de bord, et ont commencé à militer pour la CSN ce qui veut dire que aux cours des prochains jours,  les employés vont être sollicités de toutes parts, pour ne pas dire harceler. Nous aurons droit d’un côté, à une «campagne de peur» de la part des TCA, qui diront que les cotisations syndicales de la CSN sont plus chères que celles des TCA,  et que lorsque la CSN est en grève, c’est parfois pour longtemps, à moins que le conflit entraîne la fermeture d’une usine ou d’une entreprise.

Les TCA tenteront même de nous convaincre, que les gens qui ont parti le bal, avaient peut-être des intérêts personnels pour agir ainsi, mais on ne connaîtra jamais les raisons réelles de cette trahison. Mais connaissant certaines de ces personnes et des gens qui gravitent autour d‘elles, je serais plutôt enclin à croire,  qu’elles aimeraient retourné à un réel syndicalisme de combat comme le Québec a connu dans les années 1960 et 1970, surtout que les TCA ont toujours dit qu’ils étaient un syndicat qui ne faisaient pas de concessions, et que les événements des derniers mois nous ont démontrés le contraire, quand les TCA ont consenti à faire des concessions dans le domaine de l’automobile afin de sauver l’industrie et des emplois.

De son côté, on va voir la CSN tenter de vendre leur salade. Selon des informations que j’ai obtenues, lors d ‘un congrès de la CSN qui s’est tenu à Québec, il y a quelques temps,  les délégués de la CSN qui résidaient à l’hôtel avaient laissé dans les chambres, des feuilles qui comparaient nos salaires  à ceux de l’hôtellerie de la CSN.

Le problème avec les tableaux comparatifs, c’est que la CSN a fait preuve d’une certaine malhonnêteté intellectuelle, en présentant les salaires que les employés allaient gagner, mais seulement une fois que leur convention collective  sera échue dans quelques années!

Toujours selon cette source, la CSN se serait engagée, à travailler pour préserver notre régime de retraite à prestations déterminées, ce qui veut dire que nous avons une rente de retraite garantie à la retraite. Pourtant c’est cette même centrale syndicale, qui il y a quelques années, a laissé tomber ce type de régime de retraite à l’Auberge des Gouverneurs de Ste-Foy, pour leur donner plutôt un régime de retraite à cotisations déterminées, c’est-à-dire que l’employeur s’engageait à donner le même montant de cotisation que l’employé, mais que  par contre, la rente à la retraite dépendrait des rendements des placements détenus dans le portefeuille de l’employé.

Il ne faut pas oublier, que dans une négociations, plusieurs choses peuvent se se retrouver sur la table de négociations, et rien n’indique  que le régime de retraite ne pourrait pas s’y trouver, surtout lorsqu’on sait que plusieurs entreprises se tournent désormais vers les régimes de retraite à cotisations déterminées, puisque le régime à prestations déterminées coûte trop chère à l’employeur, surtout lorsque le régime de retraite est en déficit actuariel, c’est-à-dire, il n’y a pas assez d’argent dans le régime pour payer les pensions des retraités et des futurs retraités, et que l’employeur a alors l’obligation, par la loi, d‘y investir les sommes d’argent nécessaires pour assurer les rentes de tout ce monde.

En optant pour la CSN, Les gens risqueront de perdre beaucoup. Les gens qui seront approchés pour changer de syndicat, ne devront pas avoir peur à poser des questions aux personnes qui les approcheront, afin de pouvoir faire un choix éclairé.

Politiquement, je reconnais que j’ai toujours eu plus d’affinité avec les énoncées politiques de la CSN, que par celles prônées par la FTQ, cependant, je considère que c’est pas suffisant pour vouloir changer d’affiliation syndicale, surtout qu‘en fin de compte, être syndiqué à la CSN signifie tout simplement qu‘on va avoir un «syndicat de boutique» qui sera affilié à la CSN, contrairement aux TCA où il y en a partout, et qui sont inter reliés et qui sont affiliés à la plus grande centrale syndicale c‘est-à-dire la FTQ.

#csn, #delta-quebec, #ftq, #maraudage