Pour une plus grande démocratie syndicale

M. Jean-François Plante qui est candidat à la chefferie de l’Action démocratique du Québec, souhaite faire le ménage dans le monde syndical, en faisant en sorte que la fameuse formule Rand, qui oblige les travailleurs à payer des cotisations syndicale, même s’ils ne sont pas intéressés à être syndiqués, soit mise à l’écart.

Je n’aurais jamais cru qu’un jour, je l’avouerais publiquement, mais même si j’ai déjà été syndicaliste, je commence à avoir de plus en plus l’impression, qu’il faut faire une réforme du régime syndical, je travaille dans le domaine de l’hôtellerie, et il m’arrive de plus en plus souvent de voir des jeunes qui commencent à travailler, et qui sont déjà contre les syndicats, parce que ces derniers se sentent désavantagés en raison des ententes conclues avec les employeurs, qui vont à l’encontre des intérêts des jeunes travailleurs, comme les fameuses clauses orphelines qui font en sorte que les jeunes doivent travailler plusieurs années avant de pouvoir toucher le même salaire que les plus anciens.

On aura plus de misère à les retenir, surtout à cause de la pénurie de main-d’oeuvre qui s’annonce dans plusieurs secteurs d’activités, les jeunes se diront alors, que si ça ne marche pas à un endroit, ils vont aller travailler ailleurs.

Plusieurs syndicats tentent alors de créer des comités de jeunes, afin de faire la promotion du syndicalisme, mais  j’ai le sentiment que les jeunes qui font partie de ces comités prêchent pour des convertis, et ces comités ne réussissent pas nécessairement à faire des choses concrètes pour attirer d’autres jeunes, j’aurais alors presque envie de traiter ces comités de «club social», qui sont financés à partir de nos cotisations syndicales.

Malgré tout. il n’y a pas seulement du négatif, il ne faut pas oublier que les syndicats offrent également beaucoup de service à leurs membres, certaines sections locales offrent des service comme des plaideurs en santé et sécurité au travail ou encore des plaideurs en assurance-emploi, mais ces frais ne sont pas couverts directement par les cotisations syndicales, et on doit payer un surplus à chaque paie, pour que les membres puissent bénéficier de ces services.

On peut déjà prévoir, que si un gouvernement décidait de cesser d’appliquer la formule Rand, la société québécoise sera paralysée, parce que ce ne sera pas long, que les syndicats vont prendre la rue, et que contrairement à ce qui s’est passé en 2003, alors que le gouvernement Charest avait décidé d’amender l’article 45 du code du travail qui encadre la sous-traitance, et la promulgation d’une loi baillon pour fusionner les syndicats dans le secteur hospitalier, les syndicats vont sortir dehors, ce qui n’avait pas été le cas en 2003, malgré l’entente d’un front commun entre la CSN et la FTQ, et que cette dernière s’était finalement abstenue à la dernière minute, laissant la CSN toute seule dans son coin.

Et en plus, il y aura beaucoup de contestation devant les tribunaux, qui trancheront vraisemblablement en faveur des syndicats.