Retour de la violence politique au Québec?

Je me souviens, il y a environ une dizaine d’années, alors que j’étais délégué syndical, j’avais été à Montréal à une rencontre du comité des droits de la personne, où l’ancienne députée ontarienne du NPD Peggy Nash y prononçait un discours. .J’étais accompagné pour l’occasion de deux autres délégués syndicaux Marie-Claude et Pierre, et nous avons donc fait ce voyage aller-retour en automobile.

Ce voyage nous avait permis de discuter d’une foule de sujets intéressants, tout en apprenant à mieux nous connaître, parce qu’il faut bien l’avouer, à l’époque, j’étais plutôt novice dans les affaires syndicales.

À un moment donné, je ne me souviens plus pourquoi, on a commencé à parler de la violence chez les jeunes, des jeunes, du taxage scolaire dont était victime le garçon de Marie-Claude, et même des jeunes et de leur implication dans la vie politique! Pour Marie-Claude, elle disait craindre qu’à un moment donné, que l’on voit à nouveau de la violence politique venant de la part des jeunes, si on ne réussissait pas à avoir rapidement l’indépendance du Québec.

Maintenant, je suis en train de me demander, si finalement, elle n’avait pas raison tout au moins en partie. Pour s’en convaincre, on a qu’à penser à tout ce qui a été dit et écrit sur le projet de «Reconstitution historique de la bataille des Plaines d’Abraham» qui est loin de faire l’unanimité, car plusieurs indépendantistes ont déjà fait connaître leur indignation comme l’ancien président de la CSN Gérald Larose, Patrick Bourgeois du Réseau de Résistance du Québécois , ou encore même le cinéaste Pierre Falardeau qui passe son temps par ses propos à provoquer, en allant peut-être même à inciter les gens à avoir recours à la violence, lorsqu’il dit, «(…) On va aller leur brasser le cul aux loyalistes».

Et maintenant les médias nous apprennent, que certains qui ne sont pas membre du PQ ou encore du Bloc québécois, pourraient avoir recours à la violence et même au meurtre, pour dénoncer et stopper cette reconstitution historique. C’est rendu grave là, s’il y a violence politique, ça pourrait vouloir dire un retour de 40 ans en arrière, et ce qui pourrait mettre un frein projet des souverainistes de voir un jour le pays qu’ils veulent tant avoir.

Et ce qui est encore plus hallucinant, c’est de voir le silence du Bloc Québécois et du Parti Québécois , tout comme on voit le silence des deux coprésidents de Québec solidaire qui disent vouloir faire de la politique de façon différente. Il y en a un qui s’amuse à lancer des chaussures sur des affiches de Georges W. Bush et qui prétend que si c’était le vrai Bush qui s’était trouvé devant lui, il ne l’aurait pas fait, tandis que pour l’autre, elle s’indigne, parce qu’un animateur de radio de Québec a fait un tirage à la radio, en invitant les adolescents de secondaire 4 de déchirer une page de leur cahier d’exercice, parce qu’il y avait une photo de Françoise David, et l’a pris comme dirait-on personnel.

Et le plus étrange dans tout ça, c’est que les partis indépendantistes se disent inclusifs et veulent représenter tout le monde, mais là où j’ai un peu de la misère, c’est de voir que pour bien des indépendantistes, ce sont toujours eux qui ont raison, même s’ils ne recueillent qu’entre 40 et 44% d’appui à un projet de souveraineté, et les valeurs des autres ne valent rien, ça risque alors d’être beau, si jamais le Québec devenait indépendant avec un 50% des voix + 1, comme le veut le mouvement indépendantiste.

Si le fondateur du Parti Québécois René Lévesque voyait tout ce qui se passe présentement, il retournerait sûrement dans sa tombe, lui qui a déjà été correspondant de guerre et qui a vu bien des choses pendant la Deuxième guerre mondiale, et qui s’est toujours prononcé contre la violence politique: «J’ai toujours rejeté la violence dont la seule issue est inévitablement la répression».