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Médias

Je sympathise beaucoup avec la famille de Marjorie Raymond qui s’est suicidée au début de la semaine, parce qu’elle ne pouvait plus supporter l’intimidation dont elle était victime depuis déjà trop longtemps à l’école.

Depuis l’annonce du drame, nos médias s’arrachent littéralement la mère de la victime pour qu’elle accorde des entrevues et il en va de même pour la Fondation de Jasmin Roy dont la mission est de combattre l’intimidation dans nos écoles.

D’une certaine façon, je peux très bien comprendre pourquoi les personnes concernées acceptent d’accorder des entrevues, pour la mère c’est peut être la façon qu’elle a trouvée pour tenter de surmonter l’épreuve, tandis que pour la Fondation Jasmin Roy ça peut lui permettre d’avoir une certaine visibilité en présentant son opinion sur la place publique et peut être même en proposant des solutions pour essayer d’enrayer un problème qui existe malheureusement depuis fort trop longtemps.

Je ne peux cependant m’empêcher de m’interroger, dans le cas présent, sur le travail des médias. Est-ce que les médias utilisent le drame dans le seul but de vendre de la copie où avoir des meilleurs cotes d’écoutes? Comme j’ai eu le sentiment que ça a été le cas lors de la disparition de Cédrika Provencher en aoùt 2007.

À peine quelques mois après la disparition de Cedrika, on en entendait pratiquement plus parler, sauf lors du jour anniversaire de sa disparition simplement à cause que sa famille s’occupait ”d’alerter” les médias en leur présentant des photos ”modifiées” montant à quoi elle pourrait ressembler présentement.

Malheureusement, dans le cas présent je serais prêt à parier, que dans quelques mois, on entendra plus parler du suicide de l’adolescente, tout comme on entendra pratiquement plus parler du phénomène de l’intimidation dans nos écoles du moins jusqu’au prochain drame.

Le conflit de travail au Journal de Montréal a pris fin hier, à la suite d’un vote des employés à 64,1%  en faveur des nouvelles propositions du médiateur.  Plusieurs employés ont démontré leur insatisfaction à l’annonce du résultat du vote, parce que les journalistes ont connu les résultats avant les principaux concernés, et que de plus,  certains journalistes considèrent que le syndicat s’est tout simplement écrasé devant Québécor pour une question d’argent.

La CSN se défend de s’être écrasé devant Québécor, sa présidente Claudette Carbonneau dit que la CSN a investi  plus de 7 millions$ depuis le début du conflit. La CSN prétend aussi que c’est à cause que la loi antiscab n’est plus adéquate et qu’il faudrait la renforcer tout en refusant d’ouvrir le code du travail en entier ce qui pourrait donner plus de ”souplesse” pour l’employeur.

La CSN s’en prend également aux montréalais qui n’ont pas suivi l’appel tardif du syndicat à boycotter le Journal de Montréal. Pourtant on sait depuis longtemps que les appels au boycott ne donnent que très peu de résultat concret.

Donc, seulement 62 postes sur les 240 postes conserveront leur emploi. Ceux qui quitteront le Journal de Montréal feront quoi? Est-ce qu’ils retourneront travailler pour Rue Frontenac? Pierre Karl Péladeau ne semble plus avoir d’objection à ce que Rue Frontenac continue à vivre.

Il reste à voir si le journal des lockoutés aura toujours du financement pour le faire fonctionner. On peut facilement s’imaginer, que le journal a reçu des sommes d’argent du fonds de grève ou encore du fond de lutte de la CSN, mais le conflit étant terminé il n’aura vraisemblablement plus droit à ces argents.

Le Fondactions de la CSN qui est l’équivalent du Fonds de solidarité de la FTQ acceptera-t-il d’investir dans le journal pour préserver des emplois mais en donnant vraisemblablement  des salaires  et des conditions de travail moindres?  Le monde de l’information vit encore une crise en Amérique du Nord et plusieurs journaux on fermé. Il y a à peine quelques semaines, les journalistes du journal ”Le Soleil” s’était vu imposé leurs nouvelles conditions de travail sinon on fermait le journal.

Je suis tenté de souhaiter bonne chance aux employés qui vont rester au Journal de Montréal, après deux ans de conflit, les cicatrices seront encore vives, et  on peut facilement s’imaginer que les relations de travail seront loin d’être agréables dans la bâtisse, pour un certain temps.

On a tous été témoin au cours des derniers jours de la controverse au sujet de la vidéo de la Fédération des femmes du Québec, où l’on disait que nos soldats n’étaient que de la «chair à canon», ce qui a forcé l’organisme à retirer ses paroles du vidéo.

Ça me fait penser à une autre controverse tout aussi offensante qui est arrivée  lors de la guerre du Vietnam, qui a été sans nul doute, la guerre la plus controversée aux États-Unis. Où l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger avait mis son gros grain de sel.

Étant trop jeune à  l’époque, je n’ai jamais eu connaissance des propos de Kissinger, mais je serais curieux de savoir quelle a été la réaction des américains lorsque l’ancien secrétaire d’État américain est allé dire que:

« Les militaires sont seulement des animaux stupides et muets à utiliser comme des pions dans la politique étrangère.»

 

Grâce à un participant du  congrès des jeunes libéraux tenus cette fin de semaine à Saint-Augustin de Desmaurres, on a pu apprendre, grâce à son compte Twitter,  que la ministre de la culture Christine St-Pierre avait tenu des propos étranges, en disant que le Journal de Montréal était souverainiste et qu’il ne le disait pas à ses lecteurs, elle s’est de plus attaquée à la partialité de certains journalistes, parce que les journaux s’en prenaient sans cesse contre les décisions du gouvernement.

Pourtant Mme St-Pierre semble oublier, que le PLQ a également un allié  parmi les médias, il s’agit de GESCA propriétaire entre autre des journaux: «La Presse» et «Le Soleil» et qui appartient à l’empire Desmarais, et qu’il arrive aussi à l’occasion de voir La Presse ou Le Soleil s’en prendre aux décisions prises par le gouvernement.

C’est incroyable  de voir les réactions des gens à la suite de l’annonce que Pierre-Karl Péladeau veut créer un Fox News du Nord suscite particulièrement chez une certaine gauche, les partis politique et même les indépendantistes.

Certains indépendantistes vont même prétendre que c’est une raison de plus pour que le Québec devienne indépendant, alors que pour la journaliste Chantale Hébert de L’Actualité, ça pourrait concrétiser un vieux rêve du Parti Conservateur qui consiste à fermer Radio-Canada.

Dans le fonds, on peut juste se réjouir qu’un tel réseau puisse naître, ne serait-ce pour avoir une plus grande diversité au niveau de l’information, puisque si l’on regarde le traitement journalistique entre le réseau TVA et la SRC, je constate qu’il n’y a pas une si grande différence du traitement de l’information, considérant que je considère  qu’une bonne partie de leurs artisans sont souverainistes.

En ayant un réseau Fox News du Nord, ça nous permettra de connaître une autre vision de l’actualité et nous permettra de mieux nous faire une idée sur les sujets d’actualité.

Ce qui se passe à Haïti est vraiment tragique. L’aide internationale afflue, et on peut presque être témoin d’heure en heure de ce qui s’y passe grâce aux réseaux d’informations en continue et à certains médias écrits qui nous présentent des images chocs montrant la dévastation, la misère des gens qui attendent pour avoir des soins médicaux, de l’eau, de la nourriture, et maintenant, selon des journalistes, on peut y voir des pillages réprimés par la police haïtienne.

Pour ce qui est de la télévision, elle innove, on pourrait croire que les attentats terroristes du 11 septembre ont donné des idées à certains réseaux de télévision qui ont repris l’idée des gens de New York qui mettaient des photos des disparus autour du WTC, dans l’espoir que quelqu’un les ait vus vivants, car LCN a décidé de permettre aux gens qui ont de la famille où des amis à Haïti qui n’ont pas eu de nouvelles d’eux depuis le séisme, de pouvoir y mettre des photos dans l’espoir qu’ils auront des bonnes nouvelles.

On peut dire que maintenant le monde n’a que des yeux pour Haïti, les médias permettent aux haïtiens du Québec, et à une certaine mesure aux haïtiens vivant sur l’ïle d’Haïti, de parler de leur angoisse, de leur crainte, de leur misère, etc.

Mais qu’en sera-t-il plus tard, lorsque le drame haïtien n’aura plus l’attention des médias, à cause d’un autre événement qui serait survenu ailleurs dans le monde, comme par exemple un attentat terroriste, où encore un autre séisme ailleurs ou autres choses?

Les haïtiens qui étaient jusque là en mode survie réaliseront pleinement, comme l’a dit François Buguingo de reporters sans frontières lors d’une  entrevue à la radio, qu’ils ont perdu des enfants, un père, une mère, et le réveil se voudra encore brutal.

La communauté internationale ne devra pas les délaisser, et prendre soins non seulement des gens qui vivront des problèmes de réhabilitation pour les  blessés physiquement, mais également pour ceux qui connaîtront des problèmes de stress post-traumatiques.

On aura tout vu, la journaliste  américaine Amy Goodman et son équipe ont été arrêtés et interrogés pendant 90 minutes à la frontière canadienne, parce qu’on voulait savoir de quels sujets qu’elle traiterait dans un discours qu’elle allait prononcer à Vancouver, et la police voulait surtout savoir si elle allait parler des J.O. de Vancouver.

C’est pas un peu fort comme réaction de la part de nos autorités, comme le prétend Amy Goodman c’est vraiment une atteinte à la liberté de la presse.

Mais encore pire, c’est que cette situation arrive au Canada, alors que le gouvernement Harper, selon le journaliste Normand Lester,  se préparerait à dépenser de 30 à 70 millions$ par année pour promouvoir la démocratie dans le monde.

Depuis l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis, le torchon brûle entre l’administration américaine et le réseau de nouvelles Fox News, et depuis la mi-octobre la situation ne cesse de se détériorer.

La directrice des communications de la Maison Blanche Anita Dunn est même annoncé  que le réseau de nouvelles Fox était devenu «l’instrument de communication du Parti républicain».

Fox News  a donc décidé de contre-attaquer, la chroniqueuse politique Rachel Maddow du réseau MSNBC nous apprend, que Fox News était devenu l’organisateur et le promoteur de manifestation pour dénoncer les politiques du président Obama.

Le réseau Fox News  a toujours été reconnu comme étant un supporteur indéfectible du parti républicain et c’est son droit, le réseau peut émettre, comme d’autres stations, des opinions en faveur ou contre des politiques d’un gouvernement, mais il une différence  entre donner son opinion et organiser des événements pour dénoncer le gouvernement.

Comment un réseau de nouvelles  qui se dit sérieux pourra prétendre qu’il couvre l’actualité  de façon objective, alors qu’il fait la promotion d’événement pour dénoncer le gouvernement?

Comme j’ai déjà entendu quelque part il y a de ça plusieurs années et je ne me souviens plus exactement où, les médias d’informations sont là pour couvrir la nouvelle, ils ne sont pas là pour devenir la nouvelle.

quebecorSuite à l’annonce de Québécor de ne plus utiliser les services de la Presse Canadienne à compter de l’an prochain, on est en droit de se demander si  les journaux de Québécor ne risquent pas de devenir de plus en plus des torchons où il y aura de moins en moins de rigueur journalistique, contrairement à ce que Pierre Bruneau aime répéter sur les ondes de de TVA au sujet de ses bulletins de nouvelles.

Mais encore plus inquiétant, est-ce que ces journaux n’auront pas un jour, si la tendance se maintient, une seule opinion éditoriale qui sera celle qui sera imposée à l’ensemble des autres journaux appartenant à l’empire Québecor.

C’est ce qui était arrivé il y a quelques années, quand le nouveau propriétaire du journal «The Gazette» avait décidé d’imposer un éditorial qui allait être reproduit également aux 13 autres journaux lui appartenant au Canada.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec avait alors décidé d’appuyer «The Gazette», car elle estimait que Canwest le propriétaire du quotidien «The Gazette» tentait de limiter la liberté de presse.

Quand j’entends ce genre d’affaires, je me dis que j’ai peut-être raison de lire que très rarement les magazines où encore les journaux appartenant à l’empire Québécor,qui s’en servent pour promouvoir certaines émissions populaires comme: «Star académie», ou encore «Le banquier», quand ce n’est pas pour vendre des produits de leurs poulains, c’est-à-dire de leurs chanteurs et chanteuses.

Vous pouvez écouter en cliquant ici,une entrevue accordée par David Patri qui a été diffusée le 2 février 2009 sur CKUT 90.3 fm, dans laquelle il explique la nature du conflit.

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